L’Action antifasciste des Vosges nous a envoyé un petit aperçu de l’activité de l’extrême droite sur Épinal et sa région, et de leurs activités antifascistes. Il est toujours intéressant de voir précisément comment l’extrême droite s’organise localement, de le comparer avec sa propre situation, pour distinguer ce qui relève des particularismes locaux et de ce qui peut être interprété comme des tendances plus globales. Nous ne partageons pas forcément leur point de vue sur la portée antifasciste du vote lors des prochaines élections municipales, mais dans la période qui s’annonce, les antifascistes ont intérêt à se serrer les coudes, au-delà de leurs divergences.

graffiti_faf_Epinal

Cela faisait un moment qu’on ne les voyait plus : non pas qu’ils aient disparu, mais ils se faisaient plus discrets ces derniers temps… Eux, ce sont les néo-nazis, toujours prêts à tendre le bras doit. Voilà quelque mois qu’ils font à nouveau surface sur Epinal et son secteur : tout d’abord par leur présence "lookée", puis par des "actions", comme celle sur la bourse du travail d’Epinal.

À la fin de l’année dernière, quelques autocollants identitaires, du Gud Nancy ou encore de l’Œuvre française apparaissent sur Epinal en très petits nombre : nous pensons à des gens de passage ou des individus isolés dans un premier temps, jusqu’à ce soir où la bourse du travail subit un collage d’autocollants important, d’abord sur le parking puis sur les vitres du rez-de-chaussée une plainte a été déposée par les syndicats et un nettoyage a été fait. Le lieu a clairement été visé, car dans la rue du bâtiment aucun autocollant. Les fachos veulent montrer qu’ils sont de retour ... Quelques semaines plus tard, la bourse du travail est à nouveau visée, mais de façon plus précise : l’union local CGT, très présent sur Epinal depuis des années dans différents combats. Le local a subi le cassage d’une vitre : l’action n’est pas signée, mais apparemment les personnes ne sont pas rentrées dans le bâtiment et aucun vol constaté. L’extrême droite est donc fortement soupçonnée.

Suite à la mort de Clément Meric, nous avons décidé d’organiser un collage sur les différents panneaux mis en place pour l’affichage : le collage s’est plutôt bien passé, mais à peine collées, dans la soirée, nos affiches sont arrachées et remplacées par des affiches à croix celtique. Nous décidons donc de repasser quelques jours plus tard : au programme, arrachage des affiches racistes et recollage sur les affiches des Jeunesses nationalistes et des graffitis "la France aux français". Dans les semaines suivantes, on a continué plusieurs collages et arrachage de leurs affiches sur Epinal et sont secteur.

Peu de temps après, plusieurs tags néonazis et racistes ont été inscrits sur le gymnase du lycée Lapique. Si on sait déjà depuis un moment que le quartier du lycée Lapique était un lieu de rendez-vous pour les quelques jeunes fachos locaux (ils s’y réunissent pour boire des bières), le fait qu’ils taguent le bâtiment est nouveau. Le gymnase décoré de différentes fresques et graffiti colorés a été lui aussi recouvert de croix gammées, de croix celtiques et autres symboles fascistes tout le long du mur, et les affiches antifas et militantes collées sur le panneau à proximité se sont faites arracher plus que rapidement. Nous avons repassé quelques-uns de ces gribouillis comme on a pu…

Les élections municipale se préparant, un local du Parti de gauche s’est ouvert sur Epinal ; alors que le local préparait son ouverture, il subit deux attaques la veille : une première l’après-midi où de petits dégradations sont signalées, puis une seconde le soir, mieux organisée (croix celtique, "good night left side"), dégradation de la boîte aux lettres… Deux attaques d’un bâtiment dans la même journée avec des motifs politiques, c’est une première à Epinal ; mais cela ne s’arrête pas là, car depuis le local du parti de gauche a subi une nouvelle dégradation toujours signée des facho. La situation est donc de plus en plus tendue, l’extrême droite radicale ressort et n’hésite plus à faire des actions "coups de poing" pour marquer leur présence, renforcées par les discours médiatiques et politiques qui stigmatisent toujours les mêmes personnes (musulmans, roms, personnes de banlieue...) au lieu de s’attaquer au vrai responsable du chômage et de la crise.

La présence à nouveau sur Epinal du FN (ce qui n’avait pas eu lieu depuis longtemps) renforce l’impression que ces idées passent de plus en plus facilement dans l’esprit des gens : en effet, le FN a a ouvert un local sur Epinal et multiplie les collages sauvages dans la ville. Nous restons donc en tant que militants antifascistes sur nos gardes, et appelons tous les spinaliens à nous signaler la moindre action de l’extrême droite, et à s’opposer à ces idées dans la rue par l’arrachage de la propagande raciste, et par l’opposition au FN aux prochaines élections avant que la situation ne dégénère réellement.
AAF Vosges