PerpignanLa mairie RN attaque le journal l’Empaillé en diffamation

En octobre 2023, l’Empaillé, un journal papier indépendant diffusé en Occitanie, a publié une enquête sur la mairie de Perpignan, qui l’attaque en diffamation pour une phrase sur le chef de sa police municipale. Voici le communiqué du journal qui revient en détail sur la réalité de la police municipale de la ville.

En octobre 2023, nous avons publié une enquête sur la mairie de Perpignan. Puisque la liberté de la presse existe encore dans ce pays, nous nous permettons alors de dénoncer la politique lepéniste de Louis Aliot et « son idéologie autoritaire, raciste et anti-féministe ». Après avoir rappelé les origines néofascistes et antisémites du parti du nouvel élu, nous dressons la liste de ses conseiller·ères et collaborateur·ices qui appartiennent au RN ou sont passés par des groupes radicaux, intégristes ou des organes de presse nauséabonds. Nous montrons en quoi ses propositions libérales lui ont permis d’obtenir le soutien de la bourgeoisie locale, tout comme sa nostalgie de l’Algérie française et des terroristes de l’OAS lui ont garanti une partie de l’électorat pied noir. Nous revenons également en détail sur sa politique anti-sociale et la scandaleuse coupe de subvention au Fil à métisser qui provoqua sa fermeture, alors que l’association faisait un énorme travail social sur le quartier Saint-Jacques. Sans oublier la succession de destructions d’immeubles dans ce même quartier qui avait provoqué la colère des habitant·es et des militant·es associatifs.

Mais c’est sur notre critique de la politique sécuritaire de cette mairie RN que ses avocats ont semble-t-il trouvé matière à nous attaquer. Dans ce papier, nous relayons notamment le travail du média Blast sur la « milice municipale » (près de 200 policiers dont certains équipés de flashballs et d’une insigne de tête de mort typique des réseaux néofascistes), et nous dénonçons le « contrôle policier renforcé dans toute la ville », ainsi qu’un « véritable harcèlement de la population mis en place dans les quartiers populaires, via des contrôles au faciès et des interpellations violentes ». Au passage, nous relevons qu’Aliot « a embauché un caïd de la police nationale parisienne, Philippe Rouch, qui enchaîne les saisies de drogues, largement médiatisées ». C’est cette phrase qui nous vaut actuellement d’être mis en examen par la juge d’instruction de Perpignan, après une plainte pour injure déposée par ce directeur de la police municipale.

Blast a également été attaqué pour son enquête, et le rendu de ce procès aura lieu le 3 avril. Nous noterons qu’un policier municipal de Perpignan a été condamné en juillet 2024 à six mois de prison avec sursis et deux ans d’interdiction de pratique du métier, suite à une interpellation violente effectuée en 2023 dans le quartier Saint-Mathieu. Lors de l’audience, Philippe Rouch affirmait à L’Indépendant : « Nous ne changerons pas nos méthodes ». À la mi février 2025, ce sont cette fois quatre policiers municipaux qui sont mis en examen pour agression sexuelle à l’encontre d’un jeune de 23 ans lors de son interpellation. Tandis que Louis Alliot exprime son soutien à ces policiers « traités comme des coupables » en lisant en plein conseil municipal le tract du syndicat de policiers exigeant leur « libération immédiate » et « le lavement de leur honneur », Philippe Rouch, choqué, ordonne à ses agents d’arrêter leur travail de terrain en solidarité avec leurs collègues. La mairie RN ne fait donc pas dans la pour soutenir l’appareil policier de sa commune. Espérons que le tribunal ne sera pas de cet avis pour l’audience qui concernera notre journal.

Mais peu importe, nous continuerons notre travail d’information sur l’extrême droite, qu’elle soit dans les villes de notre région comme Perpignan, Moissac, Beaucaire ou Montauban, qu’elle soit à l’assemblée ou dans des groupuscules néofascistes éparpillés sur le territoire. Ce genre de procédures bâillon et d’intimidations à notre encontre comme à d’autres médias de la presse libre ne nous empêcheront pas de continuer à combattre l’extrême droite et ses idées, dans nos médias et dans la rue, tant qu’il le faudra. En attendant ce procès promis par Aliot et sa police, le meilleur soutien qu’on puisse recevoir est une cascade d’abonnements à notre publication et à toutes celles qui font vivre une presse de résistance !

Vive la presse libre, vive la résistance antifasciste !

L’équipe de l’Empaillé,
Toulouse, le 24/03/25.

Source: L’empaillé