Solidarité avec le Centre Culturel Libertaire à Lille qui a été la cible d’agressions fascistes le 15 janvier, nous relayons le communiqué des "soutiens qui côtoient régulièrement le CCL" :
Ce jeudi 15 janvier 2026 au soir, un groupe d’une huitaine de fascistes zonait dans Wazemmes pour en découdre. Arrivés au CCL peu avant 21h, sur un temps de faible affluence et alors que le concert n’avait pas débuté, ils ont frappé plusieurs personnes, dont des musiciens présents au rez-de-chaussée et la personne qui faisait l’accueil. Heureusement, pas de blessures vraiment graves à déplorer, mais l’œil tuméfié pour l’un d’entre nous, ainsi que du matériel, de la nourriture et du mobilier renversé.
Ça s’est passé vite. La moitié de ce groupe entre dans le CCL, l’un d’eux adopte une attitude provocante et s’accoude sur le comptoir à l’accueil. Une remarque lui est faite, le coup part.
L’autre partie du groupe, masquée et restée dehors, contrôle l’accès à la porte tout en filmant la scène avec des téléphones portables (nous attendons leur reportage !).
Même s’ils ne mouftent pas beaucoup faute d’idées valables à faire valoir, l’un d’eux arbore sur sa main une croix celtique, et, par leur attitude et leurs méthodes, nous avons peu de doutes sur leurs appartenances.
Cette intrusion n’aura duré que quelques minutes. Les concerts prévus pour la soirée ont eu lieu malgré cela.
Le mot a rapidement circulé sur les réseaux, bravo et merci aux personnes qui étaient dans les parages et sont venues soutenir les personnes présentes le soir-même.
Un rendez-vous est posé pour le lendemain à midi, créneau où le CCL est hebdomadairement ouvert pour la cantine végane. Environ 150 personnes viennent alors témoigner de leur soutien, s’informer de ce qui s’est passé, avec l’envie de réagir. Ces événements interpellent, y compris en dehors des milieux libertaires.
Plusieurs dizaines d’entre nous diffusent des tracts et font de l’affichage dans les quartiers concernés par ces violences. Le surlendemain, samedi 17 janvier, 350 personnes se rassemblent à Wazemmes et déambulent, slogans et percussions à l’appui, pour interpeller les habitant·es sur la banalisation des expéditions punitives de l’extrême droite et aussi contre les violences policières en hausse depuis des années.
Le soir, nous nous retrouvons autour d’un événement musical et festif au CCL en soutien aux luttes LGBTQI+ en Afghanistan.
Nous continuerons !
Nous ne sommes pas complètement surpris·es par cet épisode, mais la grande majorité des habitué·es du lieu n’ont pour autant jamais assisté à ce genre de scènes.
Le contexte social et politique invite à de tels actes. Le fascisme se diffuse jusqu’à l’absurde dans les médias, et les gouvernements ne semblent avoir comme méthode et horizon que l’autorité et l’austérité, que cela soit au niveau économique (pression sur les travailleur·euses et les précaires, expulsions locatives alors que les loyers montent en flèche, casse du secteur associatif et social...), législatif (hausse de la surveillance, harcèlement des musulman·es par des directives prétendument laïques...). Tout cela nous divisant, et ayant des effets bien concrets sur nos vies et nos interactions sociales. Cerise sur ce gâteau pas très végane, la police est applaudie par nos ministres pour les meurtres qu’elle commet. Le 1er décembre, Mohamadou Oury Sow, jeune guinéen de 29 ans est mort chez lui et en présence de ses parents à Lille-Sud pendant une intervention policière. Les officiers attendent leur médaille.
Les flics et les fascistes sont des formations violentes, l’une légalisée, l’autre proto-milicienne, entretenant souvent de cordiales relations entre elles et toutes deux au service de l’idéologie des dominants. Un exemple à Calais, où ce sont des racistes britanniques qui viennent suppléer Frontex dans leur chasse aux exilé·es. Les uns sont financés par des fonds européens, les autres équipés de moyens technologiques offerts par une caste bourgeoise et réactionnaire dérangée par la vue des personnes de couleurs. Comment peut-on légitimer l’un sans en même temps justifier l’existence de l’autre ?
L’antifascisme n’est pas la tasse de thé de tout le monde, sinon à Lille il n’y aurait eu ni homosexuels, punks, ou racisés noyés dans la Deûle, ni agressions islamophobes dans les rues commises par les sympathisants néo-nazis du bar désormais fermé de la Citadelle (gageons que ces néo-nazis ont su se reloger dans d’autres établissements conciliants), ni d’autres heurts concernant des camarades en raison de leurs engagements antifascistes, normalement « légaux » sauf au pays de Donald, ce qui montre à quel point ce n’est pas la norme.
Merci aux nombreuses personnes qui ont relayé les informations concernant ces événements, et à celles qui ont témoigné de leur inquiétude et de leur soutien. Courage et soutien à celleux qui étaient présent·es ce soir là, retrouvons-nous et restons en lien !
Vive l’antifascisme, la diversité, l’underground musical et l’anarchie !
Des soutiens qui côtoient régulièrement le CCL.
Communiqué en soutien au CCL par le CCLA de Belem do Para, Brésil : https://cclamazonia.noblogs.org/post/2026/01/17/comunicado-de-solidariedade-do-ccla-ao-ccl-d