NièvreAction Nivernaise Antifasciste et Rurale

L’Action Nivernaise Antifasciste Rurale est composée d’individu-e-s affilié-e-s ou non à d’autres collectifs, organisations ou partis politiques. Lassé-e-s d’une lutte antifasciste isolée politiquement dans la Nièvre, nous souhaitons lui donner un nouveau souffle.

Sa création ne se fait pas en opposition aux initiatives antifascistes existantes mais bien sur une autre vision et une autre dynamique, en espérant pouvoir diversifier et amplifier la lutte antifasciste locale.
Il nous paraît essentiel d’entreprendre un travail analytique et argumentatif à destination de toustes. L’information est nécessaire afin de convaincre des personnes souvent réticentes face à l’image donnée par certaines pratiques dans la lutte antifasciste.

Parallèlement à cela, nous souhaitons également regagner la rue et l’espace public : cet espace a trop souvent été laissé aux différents groupuscules fascistes et partis d’extrême droite installés depuis plusieurs années et qui se développent dans la Nièvre.

Notre objectif est de briser une certaine image de l’antifascisme actuel, souvent critiquée et uniquement perçue comme un combat contre les groupes d’extrême droite. Cela sera possible en donnant un caractère politique à la lutte contre toutes les formes de domination et de discrimination.

Nous proposons une autre manière de fonctionner et de concevoir la lutte en nous inspirant de la Jeune Garde, des expériences antifascistes populaires basées sur la lutte des classes telles que les TPPS (Toujours Prêts Pour Servir), les Jeunes Gardes socialistes/communistes en France ou les expériences des Comités de Résistance dans les quartiers en Turquie, Rouvikonas en Grèce ou au Mexique.

Se revendiquer d’un antifascisme de lutte des classes qui se différencie de la stratégie « antifasciste autonome », c’est comprendre que la victoire sur le fascisme n’est pas possible à l’intérieur de la société capitaliste. Seul le renversement de la société capitaliste pourra permettre de le vaincre définitivement.

L’antifascisme ne se construit pas à travers des valeurs abstraites mais bel et bien dans une critique matérialiste de la société. Nous considérons le fascisme comme un prolongement du système capitaliste, comme sa forme la plus réactionnaire et autoritaire. Lorsque les fascistes arrivent au pouvoir, ils n’abolissent pas le système d’exploitation économique sur lequel repose le capitalisme. Le capitalisme perdure, sous le fascisme, dans sa forme la plus radicale.

L’histoire nous le montre : arrivés au pouvoir, les nazis ou les fascistes en Italie ont écrasé les organisations syndicales et politiques prolétaires et ont maintenu les élites sociales en place.

Même lorsqu’ils ne sont pas au pouvoir, les fascistes remplissent ce rôle de supplétifs de l’État. Leurs milices s’attaquent aux grèves des travailleurs et travailleuses, mais usent aussi de violences pour briser les mouvements de lutte des communautés racisées, LGBTQIA+ et des femmes.

Ils poursuivent la stratégie de division au sein du peuple nécessaire pour maintenir en place le pouvoir dominant : diviser pour mieux régner.

Nous devons donc lutter sur chacun de ces fronts pour faire reculer ces idées réactionnaires. Pour autant, il est nécessaire de ne pas tomber dans une lutte de « valeurs », qui tiendrait d’un antifascisme « humaniste » déconnecté des réalités économiques, sociales et matérielles. Le but n’est pas de considérer ces luttes comme étant « le bien » ou « le mal », mais d’appréhender ces idéologies et les groupes fascistes comme les ennemis des classes populaires et les alliés des classes dominantes.

Nous reconnaissons qu’il existe une frange des classes dominantes, souvent démocrates, qui se revendiquent d’une lutte contre le fascisme. Cela rejoint ce que nous dénoncions plus haut lorsque nous parlions d’un « antifascisme de valeurs ». Ces organisations politiques, qui se disent ouvertement hostiles aux régimes fascistes, sont conscientes des dangers autoritaires qu’ils entraînent, mais sont déconnectées des intérêts des classes populaires. Elles n’envisagent aucune remise en question des élites et ne font aucune critique des politiques racistes menées par l’État français.

C’est pourquoi ces organisations ne sont pas une solution viable. Cependant, nous pouvons être amené·e·s à travailler ponctuellement avec elles sur certaines campagnes, tout en connaissant leurs limites.

C’est pourquoi, ici et maintenant, nous nous donnons comme objectif de combattre les fascistes dans nos villages, dans nos villes, sur nos lieux de travail, et d’informer et mobiliser afin d’empêcher le renforcement de leur emprise sur notre société.

Pour cela, il est plus que nécessaire de ne pas rester isolé·e·s. Nous devons chercher l’union de toutes les organisations révolutionnaires ou démocrates, communistes et anarchistes, mais aussi des organisations de masse défendant les intérêts des travailleurs et des travailleuses comme dans les syndicats, les organisations communautaires, antiracistes, féministes et LGBTQIA+...

Nous avons la volonté d’ouvrir ce groupe militant à chacun·e, avec pour objectif de le faire progresser sur toutes les questions d’oppressions et de discriminations, entre autres pour éviter le masculinisme ambiant, qui peut exister dans certains groupes militants.

C’est en s’investissant dans les luttes de manière à amener une contribution pertinente que nous ferons de l’Action Nivernaise Antifasciste Rurale un groupe antifasciste reconnu pour son action politique.